Forum de la Mer 9e édition

L’Agence Marocaine de Développement de la Logistique (AMDL), à travers sa filiale la Société Marocaine des Installations Logistiques (SMIL), vient de dévoiler les résultats de l’appel à manifestation d’intérêt lancé pour la commercialisation de la Zone Logistique d’Agadir.

AP Moller - Maersk a organisé à Tanger la deuxième édition du Maersk Morocco Customer Connect 2026, une rencontre dédiée à ses clients et partenaires de l’écosystème marocain. Placé sous le thème « Powering Growth Through Integrated Logistics », l’événement a constitué une plateforme d’échange autour des enjeux de croissance, de connectivité et de transformation des chaînes d’approvisionnement au Maroc.

La 8ᵉ édition des Tangier Logistics Days, organisée ce 25 septembre 2026 par Tanger Med au Tanger Med Port Center, s’inscrit dans un contexte où les chaînes d’approvisionnement sont confrontées simultanément aux tensions géopolitiques, aux ruptures de flux, aux recompositions industrielles et à une accélération sans précédent des technologies numériques.

La 8ᵉ édition du Tangier Logistics Day, tenue aujourd’hui, a été une matinée particulièrement riche en échanges autour d’un sujet désormais incontournable : la transformation de la supply chain par l’intelligence artificielle. La qualité des intervenants, la diversité des profils et la richesse des expériences partagées ont permis d’aborder de manière très concrète les profondes mutations que connaît notre secteur.

Quatre mots pourraient, à mon sens, résumer les échanges de cette matinée : digitalisation, intelligence artificielle, résilience et agilité.

L’IA transforme déjà la manière de gérer les flux

L’un des principaux enseignements de cette rencontre est que l’intelligence artificielle n’est plus un sujet prospectif. Elle trouve déjà des applications très concrètes dans la gestion des supply chains. Prévision de la demande, optimisation des stocks, anticipation des perturbations, analyse des risques, choix des itinéraires, amélioration des transit times ou encore automatisation de certaines tâches : les possibilités sont considérables.

Pour les métiers du freight forwarding, l’exemple est particulièrement parlant. Organiser aujourd’hui l’acheminement d’un conteneur d’un point A à un point B, avec parfois plusieurs transbordements, peut nécessiter de nombreux échanges entre agents à l’étranger, compagnies maritimes, transporteurs et clients.

Demain, l’IA permettra de comparer en quelques instants une multitude de scénarios et de proposer, selon les critères retenus, le meilleur transit time, le corridor le plus fluide ou encore la solution offrant le meilleur compromis entre coût, délai et niveau de risque.

Ce qui nécessite aujourd’hui parfois des dizaines d’e-mails, d’appels téléphoniques et d’échanges entre différents intervenants pourra ainsi être considérablement accéléré et optimisé.

Productivité et maîtrise des coûts

Autre message fort de cette matinée : l’IA constitue un puissant levier d’amélioration de la productivité et de maîtrise des coûts.

L’automatisation des tâches répétitives, l’exploitation de volumes considérables de données et l’amélioration des capacités prédictives permettront aux entreprises de mieux utiliser leurs ressources et de réduire certaines interventions humaines à faible valeur ajoutée.

Cette évolution entraînera nécessairement une transformation de certains métiers de la supply chain. Certaines tâches disparaîtront, d’autres évolueront et de nouvelles compétences deviendront indispensables. Mais un principe a également été rappelé à plusieurs reprises au cours des échanges : « AI is a support tool, not a decision-maker. » L’intelligence artificielle peut analyser, prédire, comparer et proposer. La décision, le jugement et la responsabilité doivent rester humains.

C’est probablement là que se situe l’un des principaux enjeux de cette transformation : ne pas opposer l’intelligence humaine à l’intelligence artificielle, mais apprendre à les faire travailler ensemble.

Résilience et agilité : l’humain reste déterminant

La notion de résilience a également occupé une place centrale dans les échanges.

Les dernières années nous ont montré à quel point les supply chains pouvaient être exposées à des événements difficiles, voire impossibles, à prévoir : crises géopolitiques, congestion portuaire, ruptures d’approvisionnement, perturbations des routes maritimes, tensions commerciales ou évolutions réglementaires. L’IA peut permettre de détecter plus rapidement un risque, d’en mesurer les conséquences et de proposer des alternatives. Mais lorsqu’un événement réellement imprévu survient, la capacité à réagir, à arbitrer, à négocier et à trouver rapidement une solution reste profondément humaine.

Et c’est là qu’intervient un autre maître-mot de cette journée : l’agilité. La technologie apporte la puissance et la vitesse d’analyse. L’humain apporte le jugement, l’agilité, l’expérience et la capacité d’adaptation. Une supply chain véritablement résiliente sera donc probablement celle qui saura combiner intelligemment ces deux dimensions.

Une transformation devenue incontournable

Le message qui ressort finalement de cette 8ᵉ édition du Tangier Logistics Day me paraît assez clair : l’intelligence artificielle va profondément transformer la supply chain et nos métiers. La question n’est désormais plus de savoir s’il faut ou non l’adopter, mais plutôt comment l’intégrer intelligemment dans nos organisations, comment accompagner nos collaborateurs dans cette transformation et comment conserver une véritable maîtrise humaine des décisions.

Une phrase prononcée par l’un des panélistes résume parfaitement, à mes yeux, l’esprit des échanges de cette matinée : « Il ne faut pas avoir peur de l’IA. Il faut avoir peur de celui qui maîtrise l’IA. » Une formule volontairement provocatrice, mais qui rappelle une réalité essentielle : derrière la révolution technologique qui s’accélère, le véritable enjeu reste celui de la compétence humaine, de la formation et de notre capacité collective à nous adapter. 

L’IA ne remplacera peut-être pas les professionnels de la supply chain. Mais les professionnels qui sauront maîtriser l’IA, l’intégrer à leur expertise et l’utiliser au service de la décision disposeront incontestablement de nouveaux leviers pour transformer leurs métiers.

Kaoutar Guessous

Freight Forwarder

Vice-Présidente FIATA 

 

 

La Chambre Française de Commerce et d’Industrie du Maroc (CFCIM) a officiellement lancé, le 22 septembre à Casablanca, son Club Corridors, une nouvelle plateforme dédiée aux entreprises et aux acteurs économiques intéressés par le développement des échanges entre le Maroc, la France et l’Afrique francophone.

L’Agence Marocaine de Développement de la Logistique (AMDL) inaugurera, demain 8 juillet, la zone logistique de Ras El Ma, un projet stratégique destiné à renforcer les infrastructures logistiques de la région Fès-Meknès et à soutenir la dynamique économique du Royaume.