La transformation de la position maritime du Maroc en véritable capacité stratégique et en responsabilité régionale a été au cœur d’une rencontre organisée les 9 et 10 juillet 2026 à Tanger par la Global Governance & Sovereignty Foundation, en partenariat avec la Konrad-Adenauer-Stiftung Maroc et Mauritanie.
Officiers, diplomates, chercheurs, juristes et industriels ont croisé leurs analyses sur les ambitions maritimes du Royaume et les conditions nécessaires à leur concrétisation.
Les travaux ont été structurés autour de quatre axes majeurs. Le premier a porté sur la doctrine maritime du Maroc et sa projection dans l’espace atlantique. Les participants ont également examiné les défis sécuritaires liés à la criminalité organisée, aux trafics illicites et aux différentes menaces transnationales qui pèsent sur les espaces maritimes. Les discussions ont, par ailleurs, abordé l’architecture normative, les traités et les mécanismes de coopération, avant de s’intéresser aux enjeux de l’économie bleue souveraine, des infrastructures portuaires et de l’innovation.
Un constat majeur s’est dégagé des échanges : le Maroc dispose déjà, dans les faits, des principaux éléments constitutifs d’une doctrine maritime. Celle-ci s’exprime à travers ses choix stratégiques, ses investissements portuaires, son ouverture atlantique, ses dispositifs de sécurité et ses multiples partenariats régionaux et internationaux. L’enjeu réside désormais dans la formalisation de cette doctrine afin d’en renforcer la cohérence, la lisibilité et la portée opérationnelle.
La rencontre a également mis en évidence le lien devenu indissociable entre sécurité et développement. La maîtrise des espaces maritimes, la sécurisation des routes commerciales et la lutte contre les activités illicites ne relèvent plus uniquement des politiques de défense. Elles constituent désormais des conditions essentielles à la protection des investissements, au développement des ports, à l’exploitation durable des ressources marines et à l’essor d’une économie bleue créatrice de valeur et d’emplois.
Autre enseignement central : la coopération opérationnelle semble avoir progressé plus rapidement que les cadres juridiques censés l’organiser. Les pratiques de coordination entre États, administrations et acteurs spécialisés ont permis de répondre à plusieurs défis communs, mais elles doivent désormais être consolidées par des normes, des traités et des mécanismes institutionnels adaptés aux nouvelles réalités maritimes. Le droit est ainsi appelé à accompagner et à sécuriser les avancées déjà réalisées sur le terrain.
À travers cette réflexion multidisciplinaire, la rencontre s’est imposée comme un espace de débat sur l’avenir maritime du Maroc. La formalisation d’une doctrine nationale, l’articulation entre sécurité et développement ainsi que la consolidation juridique de la coopération apparaissent comme trois leviers déterminants pour permettre au Royaume de convertir pleinement ses atouts géographiques en puissance maritime responsable, au service de sa souveraineté et de la stabilité régionale.