Casablanca - Le développement d'un foncier logistique moderne et décentralisé constitue un levier stratégique pour renforcer la souveraineté industrielle du Royaume et optimiser les flux nationaux et internationaux, ont affirmé, mardi à Casablanca, les participants à une table ronde tenue en marge du 13ème Salon International du Transport et de la Logistique pour l’Afrique et la Méditerranée (Logismed).
Les intervenants à cette rencontre, initiée sous le thème "Développement des zones et entrepôts logistiques, accélérateur de compétitivité industrielle et commerciale", ont mis en avant l'importance de passer d'une gestion logistique fragmentée à la création de véritables écosystèmes intégrés, capables d'accompagner les grandes mutations économiques du Maroc à l'horizon 2030.
Ils ont insisté sur la nécessité d'accélérer le maillage territorial en zones logistiques pour répondre à une demande croissante et exigeante en termes de normes internationales.
À cette occasion, le directeur Stratégie, Études et Information à l'Agence marocaine de développement de la logistique (AMDL), Aissam Ech-Chabbi, a souligné que les zones logistiques agissent comme un puissant multiplicateur de valeur en réduisant les coûts d'acheminement et en sécurisant les flux.
Ces espaces, a-t-il soutenu, permettent d'intégrer les régions enclavées grâce aux "ports secs", offrant aux industriels la possibilité de produire loin des métropoles tout en restant compétitifs.
Ech-Chabbi a dressé un état des lieux du secteur, relevant que malgré un parc de 5 millions de m², environ 92% des espaces actuels sont déclassés et fortement concentrés sur l'axe Casablanca-Settat (74%).
Pour corriger ces déséquilibres, le programme national piloté par l'AMDL vise, à l'horizon 2028, la mobilisation de 750 hectares, à même de doter chaque région d'au moins une zone logistique moderne, a-t-il rappelé.
De son côté, Anass Moutaoukil, CEO de La Voie Express Group, a apporté le regard de l'opérateur privé, affirmant que l'entrepôt moderne n'est plus un simple lieu de stockage, mais un véritable "outil de production".
La compétitivité repose sur des standards de qualité, de sécurité et de productivité au mètre carré, a-t-il expliqué, déplorant la rareté passée de l'immobilier logistique qui a contraint certains opérateurs à devenir leurs propres développeurs.
Pour sa part, le directeur général d'Immorente Invest, Khalil Mengad, a analysé la tension actuelle du marché, notant un déséquilibre mécanique entre une offre nouvelle limitée à moins de 100.000 m² par an et une demande annuelle estimée à 140.000 m² dans le Grand Casablanca.
Quant au directeur général de MedHub, Ayoub R'Mili, il a présenté l'évolution vers le concept de "corridor port-zone logistique-industrie".
L'ambition actuelle est de dupliquer le succès de Tanger Med en rapprochant les services portuaires et douaniers des zones industrielles, comme à Kénitra ou Agadir, pour passer du "Just-in-Time" au "Just-in-Sequence", a-t-il fait savoir.
Selon M. R'Mili, la valeur ajoutée réside désormais dans la gouvernance et l'agilité digitale, permettant aux industriels de fiabiliser leurs chaînes d'approvisionnement face aux incertitudes mondiales.
Placé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le 13ème Logismed se tient jusqu'au 14 mai sous le thème "Un écosystème logistique intelligent : connecter les territoires et réinventer la Supply Chain".
Plus de 7.000 visiteurs professionnels sont attendus lors de cette édition, représentant l’ensemble des secteurs économiques et des tailles d’entreprises, à la recherche de solutions concrètes pour améliorer leur compétitivité et leur performance.
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