Intervenant en marge du Salon international des ports et de leur écosystème, le président de l’Association des Armateurs du Maroc (ARMA), Mohamed El Jaouadi, a plaidé pour une montée en puissance des services portuaires et une meilleure connectivité avec l’Afrique afin de consolider le positionnement stratégique du Royaume.
En marge de l’édition 2026 du Salon international des ports et de leur écosystème (SIPORTS), organisée à El Jadida sous l’égide du ministère de l’Équipement et de l’Eau, Mohamed El Jaouadi, Président de l’Association des Armateurs du Maroc (ARMA), a livré une analyse des défis structurels auxquels fait face le secteur maritime national.
D’emblée, il a insisté sur la nécessité de développer une offre de services portuaires plus complète, au-delà des opérations classiques de chargement et de déchargement.
Le responsable a également posé la question du positionnement du Maroc comme plateforme logistique pour le continent africain. S’il reconnaît des avancées en cours, il estime que le Royaume reste à une phase encore émergente, comparativement à des modèles internationaux comme le port d’Anvers-Bruges, qui dessert une vaste zone industrialisée en Europe, la « banane bleue », développée sur plusieurs décennies.
Dans ce contexte, Mohamed El Jaouadi a insisté sur la nécessité de construire un « interlink » logistique d’abord à l’échelle nationale, avant d’envisager un rôle d’interface d’approvisionnement pour l’Afrique. Il a toutefois rappelé que les échanges économiques entre le Maroc et les pays africains demeurent encore modestes, ce qui limite, à ce stade, le potentiel du Royaume en tant que hub logistique maritime régional.
Des contraintes structurelles à lever
Parmi les principaux freins identifiés figurent les contraintes réglementaires, logistiques et économiques. Le président de l’ARMA a notamment évoqué la nécessité de développer une offre exportable vers l’Afrique, afin de compléter les flux aujourd’hui dominés par d’autres économies.
La question de la connectivité portuaire a également été au cœur de son intervention. Si des plateformes comme Port de Tanger Med affichent une forte connectivité à l’international, notamment en matière de transbordement, leur intégration avec les marchés africains reste perfectible. « Est-ce que cette connectivité est suffisante avec l’Afrique ? La réponse est oui et non », a-t-il relevé, pointant une dépendance vis-à-vis des lignes maritimes internationales.
À titre d’illustration, il a évoqué les difficultés logistiques rencontrées dans certaines régions, notamment à Agadir, où le transport d’un conteneur vers des destinations africaines comme Abidjan ou Lagos nécessite un acheminement préalable par camion jusqu’à Tanger Med. Une situation qui pèse sur la compétitivité des opérateurs nationaux.
Congestion et corridors logistiques : des défis persistants
Au-delà de la connectivité maritime, Mohamed El Jaouadi a mis en avant les limites du corridor terrestre, actuellement principal vecteur des échanges, mais encore insuffisant. Il a également alerté sur les phénomènes de congestion à l’entrée et à la sortie des ports marocains, aussi bien pour les camions que pour les navires, qualifiant cette problématique de structurelle et appelant à des réponses adaptées.
Face à ces enjeux, il a insisté sur l’importance de préserver et de renforcer le rôle du transport maritime comme levier stratégique. L’objectif, selon lui, est clair : positionner le Maroc non seulement comme un hub de transport, mais aussi comme un hub régional au carrefour de l’Afrique et de l’Europe.