Un Tanger Med pour la formation maritime des officiers de la marine marchande en gestation sur la façade méditerranéenne

Formation et Réglementation
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Dans le cadre de la refondation du secteur du transport maritime national, le ministère du Transport et de la Logistique engage une nouvelle dynamique de la formation maritime pour combler le déficit critique en officiers de la marine marchande, alors que les besoins du secteur maritime et portuaire national atteignent plus de 900 officiers.

Interpellé lors d'une session de questions orales au gouvernement à la Chambre des Conseillers par le Parlementaire Mr Kamal SABRI, également Président de la Chambre des Pêches Maritimes de l'Atlantique Nord et Vice-président du Cluster Industrie Navale du Maroc, le Ministre du Transport et de la Logistique Mr Abdessamad KAYOUH a réaffirmé son engagement en faveur de la refondation du secteur du transport maritime à travers une approche concertée associant l’administration et les professionnels du secteur.

Intervenant sur le sujet, le ministre Abdessamad Kayouh a mis en avant un travail important de concertation avec les professionnels engagé par la Direction de la Marine marchande (DMM), fondé sur des commissions de travail mixtes réunissant les différents acteurs du secteur maritime.

Cette dynamique s’inscrit dans le prolongement direct des Hautes Orientations Royales exprimées dans le discours de la Marche verte du 6 novembre 2023, appelant à la constitution d’une flotte maritime marocaine forte, compétitive et garante de la souveraineté nationale en matière de transport maritime. À ce titre, le ministre a confirmé l’achèvement, il y a deux mois, de l'étude stratégique sur le transport maritime et le début de la mise en œuvre de ses recommandations.

Selon le ministre, les premières retombées concrètes de cette démarche commencent déjà à se matérialiser, notamment à travers la suppression dans le cadre de la loin de finances 2026 de la retenue à la source de 10% sur les affrètements de navires ce qui constitue une évolution significative qui a été saluées par les professionnels et le Parlement, et appelées à produire des effets structurants dans le cadre de la stratégie en cours de déploiement.

Au cœur des enjeux identifiés figure la question du capital humain. Le ministre a souligné que le secteur du transport maritime présente une dépendance directe à la disponibilité de marins qualifiés, en particulier des officiers de la marine marchande. Or, le système de formation actuel ne permet pas de répondre aux besoins réels du marché. À titre, d'exemple l'Institut Supérieur des Etudes Maritimes (ISEM) ne forme aujourd'hui qu’environ 40 lauréats par an, un volume largement insuffisant au regard des besoins identifiés. Pour répondre à la seule demande exprimée par les acteurs maritimes et portuaires, le Maroc aurait besoin actuellement de près de 900 officiers de la marine marchande.

Face à ce constat, une annonce majeure a été faite : la création à l’étude d’un nouvel établissement de formation maritime de haut niveau sur la façade méditerranéenne, dédié principalement à la formation des gens de mer et des officiers de la marine marchande. Ce projet est actuellement en phase de finalisation des études, en coordination avec le ministère de l’Équipement et de l’Eau. Il vise à accompagner le développement attendu des infrastructures portuaires, notamment Nador West Med à moyen terme, puis Dakhla Atlantique, et à fournir les compétences nécessaires à l’exploitation d’une flotte nationale en expansion.